GVO

vendredi 27 juillet 2012

Mise à jour et Remerciement SOS Thala

Qu'elle était belle cette campagne qu'on a menée ensemble pour venir en aide aux victimes de le rigueur exceptionnelle de l'hiver 2011_2012 en Tunisie. 

Et si j'y reviens c'est pour me rappeler tous les amis et amies qui se sont mobilisés pour la collecte, le transport et la distribution des aides, ces ami(e)s qui se sont dévoués corps et âmes  et qui ont tous accepté de se donner en tant que citoyens du monde et qui ont tous accepté de taire leur appartenance  idéologique et politique.

A vous tous mes ami(e)s il me plaît d'annoncer aujourd'hui que la part d'aide qui n 'a pas pu  aboutir jusqu'aux bénéficiaires à temps ( pour différentes raisons dont les lenteurs administratives, la précipitation des événements  et les charges multiples des uns et des autres) est entrain d’être distribuée à des familles parmi les plus nécessiteuses. Cette aide acheminée de la France grâce à l'initiative personnelle de  Aziza Nait Sibaha, journaliste à France 24 , à la générosité du personnel de France 24 et aux efforts de différents volontaires.



Cette aide consiste en :

-des couvertures qui vont être réservées à des familles des plus nécessiteuses dans le Nord Ouest; dans le gouvernorat de Béjà précisément cela se fait grace à l'aide précieuse et dévouée de notre ami Zied Ben Youssef).


- des vêtements usagés qui sont en cours de tri et de distribution en paquet  par un groupe de volontaires  ( dont je citerai bien  Mesdames et Mesdmoiselles  Fathia Meddeb, Nadia Chamkhi, Awatef    el Hlaoui et Cyrine Meddeb)Ils seront destinés  aux enfants pris en charge  par le Centre Intégré pour la Jeunesse et l'Enfance de Rades ( village dans le genre des villages S.OS), ainsi qu'à leur parents. 

Merci à tous ces volontaires et toute ma reconnaissance à mon ami Hechmi Ben Frej qui a réservé l'entreposage  de l'aide chez lui, et à mon papa Sadok Ben Mhenni  qui a été l'organisateur appliqué de toute cette action. 

Merci à toute l'équipe de la tente d'el Menzah . Je vous aime .

Billets liés:

Photos : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.283893855009692.68988.124793554253057&type=3
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lundi 23 juillet 2012

Interact club kairouan by Zohra Ben Khoud


Interact club kairouan :
On innove et on persévère :
Les jeunes Interact kairouan n'ont pas cessé d'épater tout le monde à travers maintes manifestations culturelles et sociales et cela malgré  le jeune âge des membres de l'association. Après avoir réussi avec brio un week-end cinématographique ou des films en 3D ont été projetés en première à Kairouan , une ville qui a toujours souffert de l'absence d'infrastructure cinématographique , cette manifestation a drainé une foule immense de jeunes cinéphiles .
Etant donné le caractère caritatif et non lucratif de cette association, ses membres : des lycéens de tous bords- se sont mis d'accord sur la nécessité  "de convertir" la totalité des recettes de la dite manifestation en couffin de bienfaisance communément baptisé " Couffin de Ramdhan".
La veille du mois sacré , les jeunes interactiens se sont mobilisés et ont mobilisé des moyens " considérables " afin d'accomplir la tache qu'ils s'étaient fixée , faisant preuve d'abnégation et de dévouement exemplaires et faisant fi de la chaleur torride qui sévissait dans ces contrés .
Ils ont parcouru la plus part des quartiers déshérités et sillonné les ruelles de la Medina ou vivent certaines familles nécessiteuses à l'abri des yeux des autorités régionales et locales et auxquelles on a attribué ces présents en toute anonymat.



Zohra Ben Khoud  ( membre de l’interact club kairouan )

vendredi 20 juillet 2012

Tunisie: Manger pendant la journée serait interdit!

Aujourd'hui vers midi un ami propriétaire d'un resto-salon de thé à Cité Ennasr m'a contacté pour m'informer que des policiers sont venus à son établissement de restauration et l'ont obligé à chasser ses clients. D'ailleurs, plusieurs autres voisins ont eu droit au même traitement. Avec Emine M'tiraoui le journaliste de Nawaat, nous avons décidé de nous déplacer sur place pour recueillir les témoignages de certaines personnes affectées par l'excès de piété et dévotion religieuse de notre police républicaine, soudainement devenue une  police des mœurs, une police religieuse...

Nous avons commencé par contacter quelques avocats qui nous ont assuré qu'il n'y a pas de lois qui interdisent l'ouverture des établissements culinaires pendant le mois Saint. Il n'y avait pas de circulaire ou de communiqué lié à cela non plus. Emine a essayé de contacter l'attaché de presse du Ministère de l'Intérieur mais en vain. Les mêmes excuses et les mêmes arguments qu'on croyait d'une ère révolue lui ont été avancés: "Monsieur le cahrgé de la communication n'est pas disponible il vous rappellera plus tard".  

La scène comme l'a décrite notre interlocuteur a été hilarante: "les policiers en question ont arrêté leur voiture en pleine rue, ont gêné la circulation et sont entrés bruyamment à l'établissement et ont forcé  les gens à sortir. Ils étaient d'une efficacité et d'un dévouement incroyables qui sont souvent absents quand il s'agit de vrais problèmes de vol ou d'agressions commis par des bandits. L'argument qu'ils ont avancés: LES INSTRUCTIONS.  Selon leurs dires leur seul but c'est d'éviter les problèmes et d'assurer la sécurité des gens."

Le propriétaire à coté nous a assuré qu'il a eu droit au même traitement . Et que les policiers ont été agressifs et ont chassé tous les clients présents sur place. il a cependant refusé de témoigner à visage découvert ...
Un client déçu a témoigné anonymement...

Les deux propriétaires nous ont confié leurs soucis. Les charges qu'ils doivent assurer sont grandes. Les établissements assurent  l'emploi  de plusieurs ouvriers qui risqueraient de se retrouver en chômage . De plus, ces endroits  sont généralement fréquentés par des étrangers et des touristes.

Quand nous étions encore sur place des barbus en kamis (et je n'ai pas dit salafistes) sont venus vérifier si les établissements en question continuaient à servir de la nourriture ou pas. Quand Emine a essayé de recueillir leur témoignages ils l'ont agressé verbalement et l'ont  aussi menacé de l'agression physique. Là plusieurs questions se posent: qui est ce qui fait la loi en Tunisie? De quel droit des citoyens ordinaires ou des hommes religieux (quoique j 'en doute fortement) ont-ils le droit de contrôler des lieux publics et d'y imposer leurs règles? Ou est l'état?

Des amis nous ont assurés qu'à Tunis et à la Marsa, les cafés et les restaurants travaillaient normalement. D'autres sont venus commenter mes statuts liés à la question et m'ont informé qu'ils ont assisté à des scènes pareilles...

Des scènes pareilles sont une énième preuve que la Tunisie est vraiment loin d’être dans une phase de transition démocratique. Je ne vais pas revenir sur tous les objectifs de la révolution ignorés par un gouvernement dit légitime j'en ai déjà parlé à plusieurs reprises. Cependant je dirai que même des libertés personnelles, jadis respectées par un  état policier sont aujourd'hui menacées. Aujourd'hui on commencera par obliger les gens à jeûner, demain nous aurions droit à des coups de fouets si nous nous ferions pas nos prières.

J'aurais bien aimé voir plus de courage et d’honnêteté de  la part de  ces nouveaux gouverneurs. J'aurais bien aimé  qu'ils aient assez  decouilles pour nous déclarer et déclarer au monde entier qu'ils n'ont rien à voir ni avec les libertés ni avec les démocraties, qu'ils nous ont tout confisqué et que c'est eux qui font les lois à leur guise... à la guise des souverains des pays de pétrodollars et des forces impérialistes....

«Le jour où Nina Simone a cessé de chanter"


 Quand la libraire qui m'amenait de Toulouse à Tarbes pour assurer un débat et  la signature de mon livre à sa librairie m'avait parlé du livre de Darina Al Joundi, j'ai tout de suite eu envie de le lire. D'ailleurs, une fois sur place je l'ai illico acheté et je ne le regrette pas.


« J’ai compris notre vulnérabilité de femmes, on a beau être une vedette, médecin, une célébrité, au moindre faux pas la femme redevient femme, bête de somme qu’on enchaîne comme on veut». C'est la constatation amère avec laquelle Darine conclut son livre. Pourtant le texte est loin d’être un texte de désespoir. Mieux, c'est une leçon de courage et un message d'espoir.


Dans son livre : «Le jour où Nina Simone a cessé de chanter", Darine comédienne née au Liban d'un père syrien et d'une mère libanaise  nous relate sa vie de jeune femme libérée dans un Liban déchiré par la guerre civile: "Notre père était un réfugié politique syrien, titulaire d'une simple carte de séjour renouvelable tous les trois mois et notre mère libanaise ne pouvait pas, en fonction de la loi qui règne dans tous les pays arabes, nous transmettre sa nationalité parce qu'elle était une femme".

Son père un opposant au régime syrien assoiffé de liberté  lui a appris à être libre: "Mon père, loin de me faire la leçon, jubilait de mes bêtises. Il avait une passion barbare pour tous mes écarts. Dès notre haute enfance, je crois qu'il avait refusé son rôle de père, pour être complice de nos fautes, de nos errements et de notre réussite."Plus tard, Darine payera lourdement cette liberté, elle qui refuse de se soumettre aux règles de la société . Quand son père quitta la vie. Sa famille l'interna dans un asile psychiatrique parce qu'elle a refusé qu'on récite  le coran à l'enterrement de son père et parce qu'elle a choisi de vivre à sa manière: " Arrêtez ce Coran de malheur!Je ne sais pas pourquoi j'ai crié. Mais je devais crier pour ne pas trahir la promesse faite à mon père: ne laisser personne lire le Coran à son enterrement". 

Tout au long du livre, Darine nous raconte son combat quotidien pour vivre dans un Liban rongé par la guerre sectaire, la guerre des religions et des croyances, des idéologies. La mort, le sang, les balles, et les kalachnikovs font partie de son quotidien. Cependant, cette dernière se livre à une autre bataille à part celle de la vie. La bataille de l'égalité entre femmes et hommes et celle de la liberté. Une expérience pleine de souffrance et de douleurs mais aussi de moments d'amour et de bonheur ...

lundi 9 juillet 2012

Bonjour, je suis un malade mental et je fais de la recherche !!!

Il y' a quelques semaines j 'ai publié le statut suivant sur mes deux profils et ma page Facebook: 

A toutes les personnes , à tous les journalistes qui me reprochent de ne pas répondre à leurs messages et à leurs coups de fil. J'en ai marre. J'ai lâché toute ma vie depuis deux ans, j'ai laissé tomber mon propre Doctorat pour répondre aux questions de recherche d'autres personnes qui sont souvent ingrates. J'ai expliqué maintes fois que je suis malade que je n'ai pas le droit de sortir pendant la journée, que le soleil est nocif pour moi,que cela pourrait être mortel pour moi mais il y'a des personnes qui continuent à me faire des reproches. Foutez-moi la paix! Respectez-ma vie ma santé ! Je ne bosse pas pour votre compte.

Et puis ce matin j'ai trouvé ce message électronique: 

C'est facile d'accepter des avantages et voyages gratuits. En tout cas l'histoire retiendra le cas des cyber collabos qui on accepté sans se poser  de questions detre des instruments pour la destruction de leur propres pays. Ayez au moins la fierté de répondre , en tout cas ma recherche que je pensait ennuyante au début 
m'a menée loin et s'est révélée au fil du temps de plus en plus interressante. 
Je sait que vous n'étiez pas au courant que leur plan était de mettre les islamistes a la place de l'autre et que vous etiez juste une ji3ana. La seule question que je me pose a present  a propos des cyber collabos comme vous Madame ben Mhenni, c'est est-ce-que vous vous prenez reelement pour une heroine ou est -ceque vous avez des regrets et vous realisez ce qui est entrain de se passer? 
C'est bien gentil de jouer a la blogueuse militante mais encore faut il avoir quelque chose dans la tête et être honnete envers sois même. 

Bref, excusez moi si je vous ai dérangée je vous laisse avec votre blog de tunisian girl qui ne sert maintenant pas a grand chose (je veux dire pas comme avant n'est-ce-pas). Hassilou Rabbi Yehdi et qu'on nous protege des ingerence etrangeres et des traitres et de l'ignorance et nchallah tounes bikhair m3a Beji
Et puis cela: 
Chere Lina Ben Mhenni, votre refus de repondre (contrairement a d'autres qui m'on apportés de précieuses infos) est pour moi trés révélateur. c'est dommage car vous êtes l'une des "militante" des plus médiatisés et qui a été invitée a plusieurs reprises sur des plateaux de pays hors Tunisie.  

 C'est là que j 'ai voulu comprendre ce qui se passait et je suis tombée sur un  vieux message sur Facebook :

Tout d'abord, je me demande comment est-ce que ce mec fait sa recherche avec une orthographe et une grammaire merdiques. C'est clair que le premier message envoyé sur Facebook lui a été envoyé par quelqu'un pour qu'il l'utilise. 
Au départ, le jeune homme a été poli et gentil ( oui il voulait avoir une information), puis quand je n'ai pas répondu faute de temps ( je n 'ai même pas vu son message), il est passé aux accusations et aux insultes . 
Je ne vais pas entrer ni dans les  détails de ses accusations ni répondre à ses insultes . C'est le dernier de mes soucis. J'ai juste voulu partager avec vous un message d'un malade qui se prend pour le détenteur de la vérité et pour vous montrer comment certaines personnes font leurs recherches. 
 

vendredi 6 juillet 2012

Tunisie: Campagnes policières pour la Protection des bonnes mœurs !!!

Les témoignages et les réactions par rapport à la violence gratuite et aux campagnes de la préservation des bonnes mœurs entamées par les policiers tunisiens depuis un bon bout de temps fusent de partout. Je partage avec vous un premier témoignage recueilli sur Facebook :

A ma sortie de la closerie, en taxi, j'ai été arrêtée par les flics qui m'ont demandé ma CIN. Ils ont mis du temps à me la rendre alors j'ai demandé au flic la raison pr laquelle il m'a demandé ma carte, ce qui l'a dérangé et a commencé à me parler sur un autre ton. Il y avait d'un coup 4 flics qui criaient et qui ont demandé au taxi d'arrêter le moteur car je n'allais pas rentrer. Quelques minutes après, ils ont décidé de m'emmener au poste. Ils m'ont demandé de monter dans leur partner. J'ai refusé. Ils ont demandé au taxi de les suivre.
A l'arrivée au poste des Jardins de Carthage, il y avait d'autres flics qui m'attendaient comme s'ils avaient capturé un criminel. Ils m'ont demandé d'entrer au poste. J'ai refusé en disant que ma tenue de soirée ne me permettait pas de le faire. J'ai demandé si je pouvais aller me changer et revenir, qu'ils gardent ma CIN. Ils ont forcé la porte du taxi pour me faire descendre. Là j'ai cédé.
Je leur ai alors dit que 3ib ce qu'ils faisaient et que je ne leur ai rien fait ni dit et qu'ils avaient ma carte, qu'ils fassent le nécessaire. Ils m'ont répondu que j'ai eu un accrochage avec un flic et que howa cheki bya et qu'il faut que yekthou a9weli!!
Le plus agressif d'entre eux, qui a forcé la porte m'a traité indirectement de trainée, et que mé yetcharafech et que s'il avait une soeur habillée kim ena rahou 7ra9ha wala 9talha!!!
Dès que je sois entrée au poste avec le chauffeur du taxi auquel j'ai demandé de m'accompagner, le langage a changé: d'un coup, ils ont commencé à crier, à m'insulter, trabrib wiklem zeyed, et à vouloir me frapper. Ils m'ont agressé, emmené dans une pièce et menoté!!! L'un d'eux est arrivé, a cassé une chaise, m'a encore insulté et traité de tous les noms puis parti!
Comme koi je suis ivre, 3amlouli ma7ther. Ils étaient 5 dans la pièce, et tous m'accusaient de sokrana, cherba, 7okmetelha il bal3a, bien que j'ai nié avoir bu! Ils m'ont fait signé un truc que je n'ai pu lire et m'ont dit "xxx fih"!

J'ai eu la peur de ma vie!

Nous sommes entrain de subir une campagne de terreur qui vise à obliger les gens à ne plus boire, à ne plus mettre d'habits osés, à ne plus veiller pour finir par ne plus sortir... Leur seul discours était l'alcool! Leur programme est en marche et les flics sont mille fois pire!

Et en voici un deuxième: 

Hier soir une femme se faisait tabassé au poste de police rue Radhia Haddad on entendait ses cris et pleurs de douleur à l'extérieur, lorsque j'ai voulu voir ce qui ce passait un des policier m'a rétorqué que la fille était ivre. Dorénavant sachez que l'ivresse est un crime dans ce pays surtout quand il s'agit de femmes. Des artistes était au même resto que moi à côté du poste de police, ils n'ont pas bougé d'un pouce pour la dame. Rien n'a changé, mis à part le fait qu'aujourd'hui les policiers ont des arguments religieux, triste je suis...
 
Mon ami Emine M'tiraoui le journaliste à Nawaat a parlé de cela aussi: 

Cela se passe en Tunisie.... Hier soir,les policiers de Mr Laarayedh ( Minsitre de l'Intérieur) ont mené une campagne pour la préservation de bonnes mœurs et ont terrorisé des citoyens dans différentes banlieues de la capitale . Ils ont interpellé les couples et les night-clubeurs ... Sujet à suivre ... 

Par ailleurs et suite à la publication de  mes deux billets: Tunisie: les robes courtes dérangent la police ! et Tunisie: vivre dérange la police!  
J'ai reçu d'autres témoignages de personnes- femmes pour la plupart - évoquant des violences policières qu'elles ont subies au cours des derniers jours. 
Un ami vivant à l'étranger et qui m'a demandé de préserver son anonymat m'a envoyé le témoignage suivant: 

 Je me permet de t'écrire un petit témoignage par rapport à une incident que que j'ai vécu hier à la douane de l'aéroport de Tunis Carthage.
Je rentrais de Paris, comme d'habitude j'ai acheté  deux bouteilles d'alcool de la  duty free de Paris, les bouteilles étaient emballées dans un sac en plastique transparent.


À la sortie de l'aéroport juste après le passage de la police je gagne la sortie (arrivée ) là ou il y 'a le contrôle des douanes. En sortant un agent de la douane m'appelle et m'oblige de cacher les bouteilles dans un sac opaque autrement il ne me permettra pas de sortir .. Je lui ai dit que je n'ai pas de sac un autre sac et que j'ai juste une petite valise qui me sert de bagage à mains remplie d'affaires où j'ai mis monPC, (impossible d'ymettre deux bouteilles) il m'a dit qu'il s'en foutait, que je devais me débrouiller pour trouver un moyen de les cacher; au risque de me les faire confisquer.
je lui ai dit que je suis libre, qu'il n'y pas de loi qui dit que "nul n'a le droit de se promener avec un sac transparent contenant des bouteilles d'alcool" il m'a dit que ce n'est pas possible .. le mois de Ramadan arrive et les gens qui attendent dehors ne vont pas apprécier la vue de ces bouteilles.
voilà .. pour éviter les disputes avec lui.. sachant qu'il était oralement agressif, j'ai du demander à une  inconnue de cacher les bouteille dans son sac .. et de me les donner en dehors de l'aéroport.

Personnellement, je pense que ce qui se passe en Tunisie est vraiment alarmant. C'est en exerçant ce genre de pression et des actes d'intimidation de la sorte que les dictatures commencent à s'établir et à s'installer dans un pays. Certes, les gouverneurs d'aujourd'hui se présentent comme des personnes modérées et comme des garants des libertés en Tunisie mais la réalité est bien différente.  Leur machine de propagande,étant très active, n'a pas seulement réussi à obscurcir le jugement de certains de mes compatriotes qui n'ont pas su résister au bourrage des crânes de ces nouveaux leaders mais elle a aussi induit en erreur plusieurs personnes vivant à l'étranger notamment des journalistes qui ne ratent aucune occasion pour parler de la réussite de la transition démocratique en Tunisie.  

Sous le régime de Ben Ali, je me sentais étrangère dans mon propre pays. Aujourd'hui ce sentiment m'étouffe de plus en plus. Non seulement la majorité des objectifs de la révolution n'ont pas été réalisés en outre je considère que les rares acquis du soulèvement populaire tunisien dont la liberté d'expression,la liberté d'opinion, le courage et la capacité à affronter  la peur semblent être en danger aujourd'hui. 

La police tunisienne qui se félicite d’être républicaine et d’être  au service du peuple n'est qu'une arme de répression entre les mains des gens aux pouvoir. Les mêmes têtes qui ont servi le régime de Ben Ali, qui ont abusé des femmes voilées et de toute personne qui faisait ses prières dans une mosquée, abusent aujourd'hui de toute personne qui ose boire de l'alcool ou mettre des vêtements osés. 

Les femmes sont les principales victimes de cette répression. Elles sont généralement insultées, harcelées sexuellement et parfois arrêtées et mêmes tabassées comme ce fut le cas pour plusieurs femmes lors de la manifestation du 9 Avril 2012.

L'une des revendications du soulèvement populaire était la liberté; la liberté sous toutes ses formes. Aujourd'hui, certaines libertés personnelles qui étaient auparavant  garanties sont menacées. Ceci se fait au nom de la religion et de la légitimité acquise suite à des élections "démocratiques". 

Aujourd'hui ils s'attaquent aux gens qui sortent la nuit, aux femmes dont ils jugent les vêtements indécents; demain on aura affaire à une police des mœurs des plus répressives qui nous forcera à nous cacher sous une tente noire et qui vérifiera si les femmes portent du vernis à ongles ou pas. "Vive la Révolution !!! ".
 

« Les dictatures fomentent l’oppression, la servilité et la cruauté ; mais le plus abominable est qu’elles fomentent l’idiotie. »   Jorge Luis Borges 


mardi 3 juillet 2012

Égypte, les Débuts de la Liberté by Shahinaz Abdel Salam

Hier j'ai fini la lecture du livre de la blogueuse égyptienne Shahinaz Abdel Salam: Égypte, les Débuts de la Liberté. Un livre de 189 pages que j'ai dévoré en moins de 48 heures. Un livre qui relate l'expérience d'une vie, l'expérience de toute une génération de blogueurs et cyber-activistes qui ont rêvé, qui rêvent, qui rêveront de changer le monde malgré tous les obstacles qu'ils peuvent rencontrer sur un chemin pavé d'épines. Les ressemblances et les similitudes entre les développements en Tunisie et en Égypte sont saisissantes et frappantes. Shahinaz ouvre son livre en racontant son retour en Égypte en Février 2011 après des mois et des mois passés en France; des sentiments divers, mitigés, et entremêlés, des mots se bousculant dans la tête...
 
Les sentiments d'une cyber-activiste ayant toujours été aux premières lignes de la bataille depuis des années et des années et se retrouvant coincée en France durant les quelques jours précédant le départ de Moubarak. 



Par la suite, Shahinaz nous fait voyager dans son passé, sa vie, ses expériences, ses aventures depuis le jour de sa naissance 1978 en Alexandrie jusqu'à son retour en Égypte suite au départ du dictateur. Fille d'un amiral dans la marine, elle a grandi dans la vénération de Moubarak. Faire des études au Collège de la Mère de Dieu, lui a ouvert les yeux. Ses années estudiantines, son expérience avec le mouvement "Kefaya" ont forgé sa vie de militante très active et engagée.

Des passages plus saisissants les uns que les autres révélant la personnalité révoltée de la blogueuse qui a continué à lutter contre la dictature malgré les menaces et les arrestations. Cette révolte est particulièrement manifeste dans le chapitre intitulé Lettre à l'imam. Shahinaz ne ratait jamais les prêches de l'imam de la mosquée de son quartier. Elle les suivait du balcon de l'appartement parental. Un Imam dont le sujet préféré était la Femme. Appelsà la polygamie et  incitation à la violence envers les femmes ont fait réfléchir Shahinaz, l'ont révoltée. L'une des prêches la marqua à vie: 

" L'un de mes pires souvenir, c'est une prêche du mois de rajab, le mois qui précède le ramadan, l'année de mes quatorze ans.Ce vendredi-là, l'imam consacre son sermon au jour du Jugement dernier et raconte avec délectation la vision qu'aurait eue le prophète Mahomet d'un enfer peuplé de femmes pendues par la langue parce qu'elles ont dit du mal de leur mari, par les cheveux parce qu'elles n'ont pas porté le voile, et par les seins parce qu'elles ne se sont pas habillées décemment et n'ont pas obéi à leur mari...
-Le jour du Jugement dernier, conclut-il, la plupart des femmes iront en enfer. "

Terrorisée par ces propos Shahinaz essaya de trouver une solution et finit par décider d'écrire une lettre à l'imam elle ne saura jamais s'il l'avait reçue ou pas:

 "J'ai écouté votre sermon vendredi dernier quand vous avez parlé de femmes. 
J'ai eu très peur en vous entendant dire que je vais aller en enfer par ce que je suis une femme. J'ai pleuré en entendant la description que vous avez faite du Jour du Jugement dernier. Pourquoi devrais-je être punie parce que je suis née femme? 
Je crois en Allah, je crois qu'Allah est juste, je crois qu'Allah n'a pas créé les femmes pour dire ensuite qu'elles sont la cause de tous les malheurs  et de toutes les fitna (provocations) des musulmans, qu'elles vont aller en enfer et, que dans la vie, il faut les battre.
est ce que vous connaissez ce hadith, monsieur? Quand le prophète a dit que les femmes sont comme du verre qu'il faut traiter avec délicatesse pour ne pas le casser ?
Monsieur, soyez doux avec les femmes comme le prophète l'a dit et fait.
Je sais que je suis un etre humain créé par Allah, je sais que je n'ai rien fait de mal et que je n'irai pas en enfer simplement parce que je suis une femme. " 

Des réflexions rationnelles et logiques d'une jeune fille de quatorze ans face aux délires des pseudos hommes religieux dont le rôle principal c'est de terroriser les gens, les manipuler et les endoctriner en aiguisant leur peur et terreur et en instrumentalisant la religion. Une réaction très osée venant d'une fille qui a grandi dans une famille conservatrice et loyale au régime. 

Les réactions de révolte de Shahinaz se multiplient. Elle va très loin dans son entêtement face à une société rongée par l'ignorance, la pauvreté et l'injustice.  Elle "ose" demander le divorce à un mari qu'elle a épousé dans le cadre d'un mariage arrangé pour obéir à ses parents issus de cette société malade. Elle part vivre seule au Caire et fait face aux différents problèmes que peut rencontrer une femme célibataire au sein d'une société patriarche et machiste. Elle continue à participer dans différentes manifestations organisées par différents mouvements de résistances malgré les arrestations et les menaces. 

Shahinaz nous raconte tout. Elle nous fait voyager dans les rues encombrées de l’Égypte ou harcèlement sexuel est une pratique courante, voire normale;  dans la foire du livre ou elle a participé pour la première fois à une manifestation du mouvement "Kefaya": 

"Je navigue sans but précis entre les stands.Il y' a quelques manuels scolaires, mais surtout une écrasante majorité de livres religieux:Coran sous toutes ses formes, recueils de fatwas ou précis de salafisme. Même ici, sous les yeux des autorités, l'islam radical gagne du terrain..."

Oh comme cela me rappelle les dernières éditions de la foire du livre de Tunis et les étalages de la rue "Dabbaghine" de Tunis ou les livres jaunes des charlatans ont pris la place des livres d'art, de science, de littérature sur les étalages des vendeurs des vieux livres. 

Shahinaz nous fait vivre les manifestations dans les universités et la violence des forces anti-émeutes qui va avec. Elle évoque la censure, la répression , bref tout ce que fait d'un état une dictature .   
Je me retrouve dans la majorité des passages du livre. Il me rappelle des souvenirs, aiguise ma douleur face aux développements qui ont suivis les dites "révolutions":

O habitant du palais d'Orouba
Nous sommes les habitants de l’Égypte en ruine
Nous détestons le racket, nous détestons les prisons
ça suffit,  ça suffit, ça suffit

يا ساكن في قصر العروبة 
احنا ساكنين مصر المحروبة
كرهنا الجباية كرهنا السجون
كفاية كفاية كفاية  


Il est difficile, quand on ne connaît pas l’Égypte, surtout l’Égypte de cette époque, de mesurer à quel point ces paroles sont révolutionnaires.


Je dirais il est difficile pour un Tunisien qui ne s'est jamais intéressé aux douleurs de ses compatriotes, qui ne s'est jamais soucié de malheurs ds autres, et qui a toujours été égoïste et qui a toujours choisi de suivre et qui continue à suivre le troupeau bêtement de comprendre combien des mots qui paraissent simples et qui ne posent à leur émetteur aucun problème étaient révolutionnaires. Eux qui ont le culot d'insulter , de discréditer, de diffamer les militants de la première heure sans scrupule...

Sahinaz finit son livre avec un chapitre dans lequel elle parle des développements en Égypte  suite au départ de Moubarak. Elle parle amèrement du sort réservé aux femmes égyptiennes qui étaient aux premiers rangs lors des contestations et qu'on essaye d'écarter de la vie politique et militante. Elle parle de l' histoire des fameux tests de virginité ... des comportements des jeunes qui se disent révolutionnaires et dont la première manœuvre a été d'écarter leurs campagnes de route pour la suite du parcours. Cependant Shahinaz reste optimiste:

Mais pour ma génération, une chose est sure: plus rien ne sera jamais comme avant. O ne peut pas revenir en arrière. 
 


lundi 2 juillet 2012

Tunisie: Vivre dérange la police !

Suite à la publication du billet précédent: Tunisie: les robes courtes dérangent la police!  , je viens de recevoir le témoignage suivant d'une amie Facebookienne Inéss Ben Kraiem: 

salut lina

on a subi presque la même pratique samedi dernier en rentrant de hammamet et en déposant un ami au niveau de kram vers 5h de matin , une " baga" nous a demandé de stopper et ils ont essayé de nous faire peur en nous demandant nos papiers , si on a bu ou non et si les parents sont en courant qu'on est sorti, ils nous ont demandé les numéros des nos parents j'au refusé de leur donner les numéros parce que je suis pas mineure j ai 29 ans et je ne conduisais pas en cas d'ivresse puisque je ne bois pas d'alcool ils nous ont demandé de leur suivre au poste de police j'ai refusé en leur répondant je ne vous suivras pas parce que je n'ai pas commis aucun dépassement, à la fin ils ont essayé de nous faire peur en nous disant vous allez passer pour consommation et détention de la zatla, je lui ai répondu vas y fais le montrez moi comment vous allez nous impliquer dans cette affaire , après quand ils ont su que je n'avais pas peur d'eux et j'étais sure que je n'ai rien fait de mal, ils nous ont dit vous ne voulez pas qu'on s'inquiété pour vous. 


Du coup je suppose que beaucoup de jeunes tunisiens passent par cette expérience humiliante ces derniers jours. D’où je fais un appel à toutes les personnes qui ont subi ce genre d'agressions pour écrire et publier leurs témoignages et dénoncer ces pratiques humiliantes. J'ai déjà reçu des messages  par rapport au billet précédent)de personnes qui m'accusent de vouloir imposer un modèle américain en Tunisie, pire ils m'accusent de traîtrise mais je voudrais bien qu'ils sachent que leurs accusations ne me feront pas fléchir et que je continuerai à dénoncer ce régime obscurantiste et toutes les atteintes aux libertés et aux Droits de l'Homme. 

Je suis tunisienne, je suis née en Tunisie, mes parents sont tunisiens, mes grands-parents aussi.Je me suis battue pour ma liberté, pour notre liberté et je continuerai à le faire. Nul n'a le droit de nous imposer quoique soit au nom des idéologies et des religions. Que je sois, que tu sois, qu'il soit que nous soyons, que vous soyez, qu'ils soient musulmans ou pas est une liberté personnelle. Nul n'a le droit de nous poser des questions du genre: c'est quoi ta religion? Les questions qui doivent être posées sont du genre: Est ce que nous avons réussi à établir une justice transitionnelle? Est ce que les tueurs de nos martyrs ont été jugés? Est ce que nos blessés ont eu les soins appropriés? Est ce que tous les Tunisiens vivent dans la dignité? Est ce que notre gouvernement a un programme économique qui va nous sortir du gouffre?

la Tunisie est une  terre d’accueil! Elle est la patrie de tous les Tunisiens: les musulmans, les juifs, les chrétiens,  les athées et autres... Elle est connue  dans le monde entier comme une terre de tolérance. Elle a toujours été accueillante et généreuse. Elle le restera! 

Sous le régime de Ben Ali, je ne me rappelle pas avoir privé une étudiante d'entrer en classe avec son"Hijab" et je ne vois pas pourquoi des gens essayent de choisir nos tenues ou de nous dicter notre conduite.   La bataille continue!

Tunisie: les robes courtes dérangent la police !

De retour de Toulouse, j'ai appris que certains de mes amis: Rim Banna, Zakaria Bouguira et Azyz Amami ont été agressés par la police. Selon leur témoignage, cela c'est passé le Samedi soir à l'Avenue Habib Bourguiba. En effet, Zak et Rim venaient de rentrer de Hammamet après avoir passé la journée à la plage et sont passés récupérer Azyz du centre ville pour aller passer la soirée ailleurs. Zak et Rim attendaient dans la voiture quand des policiers en civil s'en sont pris à eux gratuitement. Dans son témoignage Zak parle d'une trentaine, voire plus(lire le témoignage l'enfer a bien une porte et elle se trouve à l'Avenue"ici).



D'abord, les policiers qui agressaient et matraquaient des passants dans la rue se sont rués vers la voiture de Zak, ont commencé à l'insulter  avant d"s'occuper" de Rim. Le tort de cette dernière c'est de porter une robe courte. Elle a eu droit à différentes insultes, cochonneries, et obscénités. La flicaille lui reprochait de porter une robe courte, une robe de plage, elle qui rentrait de la plage! Rim a été traitée de pute et de garce à cause de sa robe! 

De plus, on lui reprochait d’être seule avec un ami mâle dans une voiture et de sortir changer d'air par une belle nuit d'été. On lui reprochait d’être mannequin et actrice puisque les barbouzes se sont adressés à Zak en lui disant: «Quoi tu pense être quelqu’un parce que tu baise Rim Elbanna l’actrice ? Elle c’est une pute et toi t’es un PD !!!»  Par dessus le marché, les argousins de Arayedh ont procédé à une fouille de la voiture à la recherche de boissons alcoolisées.Ils ont aussi fouillé le sac à main de Rim.
Des comportements dignes de la police des mœurs de l'Arabie Saoudite, dont les échos me parvenaient depuis le temps et que je recevais avec dédain et dégoût. 
 
L'humiliation verbale n'était pas suffisante pour éteindre la soif et le désir de violence des sbires du Ministère de l'Intérieur. Ils sont passés à la violence physique et ont giflé Rim. Et elle a subi des attouchements sexuels humiliants. Ils lui ont palpé le corps!

Par la suite c'était au tour de Azyz et Zak de se faire tabasser...

Plusieurs questions de posent: quels sont les objectifs des barbouzes en ayant ce genre de comportements qu'on croyait d'une époque révolue? Qui est ce qui se cache derrière ce genre de comportements surtout qu'à chaque dépassement les sbires prétendent qu'ils ne font qu'appliquer les instructions de leurs supérieurs? Si c'est le cas qui sont ces supérieurs? Quels sont leurs objectifs? Est-ec la fin d'une époque ou l'on pouvait sortir hommes et femmes pour boire un coup? est-ce la fin d'une époque ou l'ont pouvait choisir ces vêtements librement?

Après le 14 Janvier2011, les flics ont multiplié les manifestations, les conférences, les circulaires, et les communiqués pour exprimer leur soutien à la révolution et leur intention de changer vers le meilleur. Ils ont prétendu se ranger du coté du peuple et de la révolution. Nous avons beaucoup entendu parler d'une police républicaine qui travaillera pour le compte de la Tunisie et rien que pour  la Tunisie. Nous avons entendu parler de la réforme de la police; de stages et de formations mais surtout d'une grande volonté pour changer...

Seulement, la réalité est bien différente. Elle a le goût de la coloquinte. Les flics ne ratent aucune occasion qui se présente à eux pour se déchaîner sur les citoyens tunisiens. Ils ne ratent aucune opportunité pour humilier, insulter, tabasser, matraquer, haïr les Tunisiens. Les exemples sont multiples; de la Kasbah 1, différentes manifestations pacifiques à l'agression que je raconte dans ce texte, les policiers ont fait preuve de leur fidélité à leurs anciennes pratiques, traditions et habitudes.

Néanmoins ce qui reste le plus révoltant c'est cette haine qu'ils ont contre les femmes. A chaque manifestation, à chaque occasion leurs langues se délient en insultant les femmes. Leur insulte préférée; "sale pute je vais niquer ta mère". On peut facilement voir leur acharnement quand il s'agit de battre une femme. De plus, les attouchements sexuels sont toujours au rendez-vous. 

Outre cela, cet incident inexpliqué aiguise nos doutes et nos peurs. En quoi la tenue vestimentaire d'une femme rentrant de la plage concerne-t-elle les flics? Pourquoi cet acharnement sur les gens qui ont bu de l'alcool ce soir là? Quelles sont les prérogatives d'une police qui se dit républicaine? Avons nous affaire à une police républicaine ou à une police des mœurs?Jusqu'à quand les policiers se verraient ils comme supérieurs au citoyen tunisien? Est ce le début d'une nouvelle ère de la répression? Est ce que nous sommes déjà tomber entre les griffes d'une nouvelle dictature? 

Je finirai ce petit texte par exprimer mon soutien à mes amis agressés ce soir là : Azyz Amami, Zakaria Bouguirra et Rim El Benna. Bravo pour votre courage, merci pour la dénonciation de ces pratiques.  Le combat continue et nous ne céderons jamais. 

  




dimanche 1 juillet 2012

Hier, violente je voulais l’être ...

Hier j'ai eu l'occasion de vivre de vrais moments de bonheur et de joie- de -vivre. Hier j'ai pu savourer des instants de gaîté, de contentement, de sérénité et de béatitude. Tout d'abord, j'ai commencé à me réconcilier avec moi même et je me suis libérée pour la énième fois. Oui j'ai libéré mes mots, emprisonnés depuis un bon bout de temps. Mes mots qui, jadis, coulaient à flot et jaillissaient du fond de mon cœur ont à un certain point tari. Les raisons sont multiples: le malaise général hantant les Tunisiens, la vague d'obscurantisme envahissant le pays, la fatigue, l'incertitude...

Hier j'ai eu enfin le courage de mettre en ligne un texte qui m'est si cher...un texte que j'ai mis au monde depuis au moins une semaine et que je comptais partager anonymement oui anonymement moi qui avais toujours fait le choix d'écrire en affichant mon vrai nom et ma photo d'identité ...le texte est plein d'obscénités, d'indécences, de grossièretés, d' inconvenances,  et de cochonneries... Mais je n'ai dit que la vérité...Certes, je pouvais écrire la même chose, faire les mêmes constatations et tirer les mêmes conclusions dans un Français éloquent et tout en utilisant des termes scientifiques et un jargon bien spécialisé  ... Néanmoins j'ai fait le choix d'écrire en dialecte tunisien dénudé de toutes métaphores et de toutes figures de style généralement utilisées pour ornementer la laideur et adoucir la violence...Hier, violente je voulais l’être ...

Hier j'ai pris la décision de publier le texte sur mon blog et non pas anonymement. Je n'étais pas saoule comme une polonaise comme beaucoup de personnes l'ont cru. Je revenais d'un débat très intéressant organisé dans le cadre du marathon des mots de Toulouse et j'étais bien dans ma tête. J'ai relu mon texte maintes fois avant de décider de le publier et quand j'en fus vraiment convaincue je l'ai fait sans hésitation. 

Hier, violente je voulais l’être ...Hier je voulais faire mal ... Moi qui vis dans la douleur depuis des mois et des mois. Moi qui se sens étrangère dans sa patrie. Une patrie qui m'est si chère et si aimée. Moi qui sens que cette patrie m'a été confisquée ...

Pour la énième fois, j'ai reçu des insultes, des menaces . Mais pardonnez mon impolitesse "je m'en bas les couilles". Oui face à la médiocrité face à la bassesse je ne peux être qu'impolie. J'ai parlé de bordel , de sexe, de culs, de seins, de pénis... de tabous pour certains . Qu'une femme vous parle de sexe vous dérange , vous irrite, vous choque, voire vous torture et croyez moi c'était le but. Hier, je m'amusais et je riais à vous voir vous hâter pour faire des captures d'écran de mes commentaires et de mon texte que j'ai moi même partagé un peu partout sur la toile, les accompagner de vos phrases usées par une répétition monotone, les mêmes phrases que vous utilisez différentes circonstances .  occasions. Soyez créatifs , Nom de Dieu ! Vous m'ennuyez avec votre manque de créativité!  
C'est rigolo de voir des gens prétendant être les protecteurs des mœurs et de la religion blasphémer et utiliser des cochonneries tout comme moi la pétasse qui vous dérange tant!!!

Je vous remercie vos réactions m'ont fait vivre de grands instants de bonheur. Les brebis se sont révoltées...Elles ont abandonné le berger ou elles ont été abandonnées par le berger ( il s'est enfui et s'est réfugié chez les wahhabistes de l'Arabie Saoudite ) et ont commencé à tâtonner leur chemin toutes seules. Oh comme je vous aime chères brebis ... insultez, insultez, et insultez oh comme cela me fait du bien .. Je n'ai jamais cru que vos langues se déliraient de la sorte et j'en suis contente. 

Hier, j'ai eu droit à un deuxième orgasme spirituel et intellectuel. Lors d'une lecture de textes et d'un débat dans le cadre du marathon des mots de Toulouse, j'ai eu l’opportunité d'entendre certains passages de mon opuscule( de mon torchon comme certains d'entre vous et comme certains des fidèles servants de votre cher ZABA l’appellent), lus par la grande actrice talentueuse qui l'est Elizabeth Masse . Mes larmes ont coulé et je me suis réconciliée avec mon texte que je haïssais tant ... Hier j'ai appris à aimer mes mots. 

Hier j'ai rencontré des Tunisiens dans un bar toulousain , des Tunisiens qui sont tout comme moi , des Tunisiens qui ne voient pas en moi ni une ET  ni  une marginale qui nage à contre courant  ...Hier j'ai rencontré pour la troisième fois un ami Égyptien qui partage mes opinions , qui vit comme moi ... Hier j'ai beaucoup ri, j'ai bien mangé , j'ai discuté de tout et de rien , j'ai marché sous la pluie ... Hier j'ai rencontré l'espoir , j'ai rencontré la vie .